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Les hommages à Raymond Bouchard ne tarissaient pas dimanche, au lendemain du décès à l'âge de 80 ans de cet acteur connu notamment pour son rôle à l’avant-plan dans le film La Grande Séduction.
Depuis samedi, la communauté politique et le milieu des arts saluent les réalisations de Raymond Bouchard, qui a laissé son empreinte sur la télévision, le cinéma et le théâtre québécois au fil de plus de 50 ans de carrière.
C’était un être inouï, a confié le comédien Benoît Brière au micro de l’émission Dessine-moi un dimanche.
M. Brière incarnait le directeur du guichet automatique du village reculé de Sainte-Marie-la-Mauderne dans La Grande Séduction. Il partageait le plateau de tournage avec Raymond Bouchard dans le rôle d’un nouveau maire qui se démène à charmer un médecin afin qu’il s’établisse dans son hameau en détresse.
Benoît Brière se souvient du travail sérieux mais sans prise de tête de Raymond Bouchard, de son sourire sans malice et de son fou rire facile sur les plateaux.
Au-delà du travail, c’était quelqu’un qui était parfaitement délicieux, a lancé M. Brière.
Le plaisir qu’il avait à jouer se ressentait.
Au cours de sa carrière prolifique, Raymond Bouchard s'est illustré en incarnant plus de 80 personnages marquants, au petit comme au grand écran.
Il a fait ses premiers pas devant les caméras à 33 ans dans le téléroman Race de monde (1978), du dramaturge Victor-Lévy Beaulieu. Il est par la suite apparu dans L'or et le papier (1989), une performance qui a été récompensée d'un Gémeau, dans Scoop (1990), dans Annie et ses hommes (2002) et dans Lance et compte (2002), notamment.
Au cinéma, il s'est distingué dans La Florida (1993) et dans La Grande Séduction (2003), entre autres.
Un homme radical de théâtre
Passionné de théâtre depuis son jeune âge, cet acteur originaire de Lévis a foulé les planches presque toute sa vie. Après avoir étudié la littérature et l'histoire à l'université, il s'est inscrit à 24 ans au Conservatoire d’art dramatique de Montréal avant de s'envoler pour la Pologne en vue d'un séjour de formation en théâtre expérimental.
Il a notamment rejoint la troupe de théâtre amateur Les Treize, fondée à l'Université Laval par le directeur de théâtre Jacques Duchesne à la fin des années 1940.

Raymond Bouchard dans la pièce de théâtre Douze hommes en colère, en 2000.
Photo : Radio-Canada
Raymond Bouchard a brillé dans de grands classiques du théâtre, dont Othello de William Shakespeare, de même que Dom Juan ou le Festin de Pierre, Le Malade imaginaire de Molière et Douze hommes en colère, de Reginald Rose.
L'an dernier, il avait dû abandonner son rôle dans la pièce Le Placard pour des raisons de santé, mais il assistait quand même aux représentations.
Il était humain, drôle, touchant [...] et gigantesque sur scène, l'a louangé M. Brière. La chroniqueuse culturelle Ariane Cipriani abonde aussi dans ce sens. Ce visage-là inspirait confiance. Il avait cette prestance.
Dans chaque personnage qu'il jouait, il y avait une chaleur, une humanité. C'était impossible de détester les personnages de Raymond Bouchard.

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3 months ago
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