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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayPlusieurs personnalités artistiques et politiques, ainsi que des milliers de membres du public, étaient rassemblées mardi à la Place des Arts de Montréal pour la cérémonie d’hommage national à Serge Fiori, décédé le 24 juin dernier. Entre discours éloquents, prestations musicales poignantes et anecdotes comiques, la mémoire du géant de la musique québécois a été honorée avec une profonde sincérité.
Il y avait foule mardi après-midi devant la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, alors que les Québécois venaient faire leurs adieux au leader d’Harmonium, qui nous a quittés à 73 ans le jour de la fête nationale; une curieuse coïncidence qui n’a pas échappé à ceux qui ont rappelé sur scène la fibre nationaliste de Fiori.
Les chanceux qui ont réussi à mettre la main sur un des 2400 laissez-passer gratuits attendaient sagement en ligne, alors que s’animait en arrière-plan un impressionnant remue-ménage médiatique.
En amont de la cérémonie, les personnalités interrogées n’avaient que de bons mots pour Serge Fiori, les termes sympathique, chaleureux et attachant revenant systématiquement pour décrire le grand bonhomme.

L'hommage à Serge Fiori a attiré environ 3000 personnes à la salle Wilfrid-Pelletier, mardi après-midi.
Photo : The Canadian Press / Graham Hughes
Un discours poignant de Luc Picard
Présenté par l'un des organisateurs de la soirée, Serge Grimaux – agent et ami de Serge Fiori –, le premier ministre François Legault est le premier invité à avoir pris la parole, peu après 15 h, rappelant l’héritage énorme de l'artiste tout en abordant son côté plus vulnérable.
Serge Fiori a aussi vécu des jours plus sombres, entre autres avec la maudite anxiété. Le fait qu’il ait osé en parler, je suis convaincu que ça a aidé beaucoup de Québécois à se reconnaître dans lui.
La voix veloutée de Serge Fiori a ensuite résonné sur la scène lors d’un passage a capella, avant que l’acteur Luc Picard ne se lance dans un long discours inspiré.

Luc Picard était accompagné de son fils sur scène lors de son discours.
Photo : Radio-Canada
Serge, c’est une âme en forme de guitare, de la musique avec des gros doigts, une voix qui chante, a-t-il dit. Il ressemble à sa musique : complexe, simple, chaleureux, fragile, capable d’une candeur désarmante et drôle. Un homme d’instinct et d’émotion qui n’a jamais vraiment quitté l’enfance.
Les projecteurs se sont ensuite braqués sur le côté gauche de la scène, où plusieurs membres d’Harmonium étaient installés derrière leurs instruments : Louis Valois, Monique Fauteux, Serge Locat, Pierre Daigneault et Libert Subirana…
Accueillis par une première ovation du public, ils ont interprété quelques morceaux mémorables du répertoire du groupe, dans un premier temps sans paroles, comme pour mettre en évidence l’absence de la voix de Fiori, qui s’est éclipsée pour toujours il y a quelques semaines.
Judi Richards, première d’une série d’artistes qui ont participé à l’hommage, est ensuite montée sur scène pour joindre sa voix à la musique, sous un tonnerre d’applaudissements.

Judi Richards, Marie-Pierre Arthur et Kim Richardson durant la cérémonie d'hommage national à Serge Fiori, le 15 juillet, à la Place des Arts.
Photo : The Canadian Press / Graham Hughes
Serge Fiori et la promesse d’un pays
Louis Valois, bassiste d’Harmonium et grand ami de Fiori, a pris la parole pour raconter les débuts du groupe sur les scènes des polyvalentes et leurs premières journées d'enregistrement au Studio Tempo de Montréal, au début des années 1970.
Trois ti-culs dans la cour des grands. Je m'installe au piano, et on veut faire Vieilles courroies. Et là, j’entends une voix dans mes écouteurs : "Ça roule." Ça a peut-être été une des plus belles semaines de ma vie, s’est-il souvenu.
Serge, j'aimerais te dire qu’on a fait un voyage unique. [...] J'aimerais dire au petit gars de 20 ans, en 1972 : ton rêve était fou mon gars. Tu as porté haut l’amour de ta génération.

Louis Valois, ex-bassiste d'Harmonium, lors de la cérémonie d'hommage nationale à son collègue et grand ami Serge Fiori.
Photo : The Canadian Press / Graham Hughes
Il a ensuite cédé la place à Richard Séguin, qui a lancé en 1978 l’album Deux cents nuits à l’heure avec Serge Fiori. Quand Serge a écrit Ensemble dans un lieu d’espoir [paroles tirées de la chanson Ça fait du bien], il avait en tête la promesse d’un pays, a-t-il lancé devant une foule conquise.
L’attachement de Serge Fiori au Québec et à la souveraineté est revenu à plusieurs reprises dans les discours prononcés sur scène. Serge est un homme qui a façonné une partie de ce qu’on est, c’est-à-dire la souveraineté de la beauté quand elle se tient debout devant le désordre, a affirmé le comédien Luc Picard.
La musique était notre terrain de jeu, la chanson notre outil. Notre projet : chanter le pays, a de son côté souligné l'auteur-compositeur-interprète Michel Rivard.
Serge m’a réappris à rire
Au-delà du caractère affable du personnage, de son humilité et de son amour des gens, plusieurs personnes ont évoqué le grand humour de Fiori.
Je me souviens, il m’appelait "la p’tite barrette" et moi, je l’appelais "le chanteur de noces", s’est souvenu l'humoriste Michel Barrette. C’était peut-être la personne la plus drôle que je n’ai jamais vue de ma vie. Tendre, attentionné, mais tellement drôle.

Avec son talent de raconteur, Michel Barrette a relaté quelques-uns de ses souvenirs avec Serge Fiori lors de la cérémonie d'hommage national en son honneur.
Photo : The Canadian Press / Graham Hughes
L’animateur et comédien Normand Brathwaite abondait dans le sens du conteur. Il a raconté avoir eu très peur de monter sur scène pour rendre hommage à son ami, tellement il avait été important pour lui dans les dernières années.
C’est un homme qui m’a réappris à rire. Moi et Serge, on souffre de la même maladie, je ne sais pas comment ça s'appelle : l’angoisse, le stress, la peur, a-t-il affirmé.
Parfois je chantais en imitant sa voix et il partait à rire. Un génie qui a un sens de l’humour par rapport à son œuvre, c’est rare.
L’ancien maire de Québec Régis Labeaume a aussi livré un témoignage particulièrement poignant sur sa grande amitié avec Serge Fiori, qui s’est développée sur le tard.
On était de nouveaux amis, même pas 10 ans, mais il s'est passé quelque chose qui nous a surpris, a-t-il expliqué. On s’est peut-être connus au meilleur moment de nos vies : plus vieux, mais pas nécessairement plus matures.

L'ex-maire de Québec a été très élogieux en parlant de son ami disparu.
Photo : Radio-Canada
Il a ensuite raconté la manie de Fiori de faire des petites saynètes cabotines, lui qui se prenait pour un comédien à cinq cents.
J’ai un trou dans l’âme. J’en prendrais encore de tes petits sketchs d’andouille, pour entendre encore ta voix, ton rire, et revoir ta grosse face. Tu me manques, maudite marde, a-t-il conclu, la voix brisée par l'émotion.
Une cérémonie bien huilée, bourrée d’artistes de talent
Contrairement à certains événements protocolaires, la cérémonie de mardi s’est déroulée rondement, les moments plus solennels alternant avec les prestations sensibles d’une impressionnante galerie de talents québécois.

Judi Richards, Marie-Pierre Arthur et Kim Richardson sont quelques-unes des artistes qui ont participé à l'hommage national à Serge Fiori.
Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi
Michel Rivard, Marie-Pierre Arthur, Kim Richardson, Philippe Brach, Guylaine Tremblay, Biz… Même Céline Dion est apparue brièvement sur des écrans pour chanter le refrain d’Un musicien parmi tant d’autres.
La vie et l'œuvre de Serge Fiori sont l’incarnation même du miracle de la beauté, celle qui donne un sens à nos vies. La beauté fragile et à la fois puissante, éphémère et éternelle, comme une chanson, a lancé la comédienne Guylaine Tremblay vers la fin de la soirée.
Avec toi, Serge, beau fou sublime, faisons le rêve qu’on puisse s’élever, seuls ensemble, vers la sagesse.
La cérémonie s’est conclue avec les milliers de voix de la foule, qui a entonné avec une justesse surprenante certaines des paroles les plus marquantes de Serge Fiori : On a mis quelqu’un au monde, il faudrait peut-être l’écouter.

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10 months ago
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