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MUSIQC : une nouvelle vitrine pour faire briller la musique francophone

1 year ago 123

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L’intégration d’une chanson dans une liste d’écoute donne un sérieux coup de pouce à sa découvrabilité sur les plateformes numériques comme Spotify et Apple Music, mais rares sont les titres francophones, en particulier québécois, à s’y tailler une place. La nouvelle plateforme MUSIQC, qui sera lancée mercredi, a été conçue pour pallier ce manque.

La plateforme, qui sera accessible sur le site Musiqc.ca et au moyen d’une application mobile, a été développée par la Société des auteurs et compositeurs du Québec et des artistes entrepreneurs (SPACQ-AE). Elle n’a pas été pensée pour remplacer les plateformes existantes, mais pour permettre aux artistes francophones d’y être davantage mis en valeur.

Les listes d’écoute, c’est ce qui donne le plus de visibilité. C’est ce qui crée une dynamique pour que plus de gens te découvrent, explique Corneille, porte-parole de la plateforme MUSIQC.

À l’époque où j’ai commencé, le nerf de la guerre pour les producteurs et les maisons de disques, c’était d’être le plus proche possible de l’entrée du Archambault ou du HMV. Si je dois faire une analogie avec les plateformes numériques aujourd’hui, la musique francophone, surtout québécoise, est plus près des toilettes dans le fond.

À ce titre, la SPACQ-AE rappelle que, sur les 10 000 chansons les plus écoutées du Québec en 2023, seulement 5 % étaient des titres francophones québécois, selon les données de l’Observatoire de la culture et des communications (OCCQ). Et un mince 2 % de l'écoute était destiné à des nouveautés francophones québécoises. Une goutte dans un océan dominé par l’anglais.

Avec peu de listes d'écoute éditoriales et l'omniprésence de listes de lecture algorithmiques, notre industrie et nos artistes sont à la merci des algorithmes anglophones et internationaux, souligne dans un communiqué Ariane Charbonneau, directrice générale de la SPACQ-AE.

Les listes de lecture créées par MUSIQC sont pour l’instant offertes sur Spotify, Apple, YouTube, Amazon Music, Deezer et QoBuz.

Des listes conçues par des humains, pas des algorithmes

MUSIQC propose ainsi des listes d’écoute conçues avec minutie par des artistes, des journalistes et des spécialistes de l’industrie, et non générées par l’IA ou des algorithmes. Ces listes thématiques s’intègrent directement sur la plateforme préférée de l’internaute et sont accessibles en un seul clic.

Les internautes pourront par exemple découvrir la liste Sexy Valentin-e, conçue par l’auteur-compositeur-interprète montréalais Éric Charland comme une ode à la sensualité, mêlant rythmes envoûtants et mélodies langoureuses. On y trouve des titres comme Nos corps de Jimmy Hunt, La nuit est une panthère de Les Louanges ou encore Entre mes jambes de Lou-Adriane Cassidy.

Musiques autochtones actuelles, une autre liste de lecture créée par l’étiquette Musique Nomade, met en avant les artistes des Premières Nations comme Soleil Launière, Laura Niquay, Kanen et Jeremy Dutcher.

La plateforme MUSIQC n’est pas réservée seulement aux artistes francophones québécois, mais aussi aux artistes de la francophonie au sens large, dans une proportion de 25 % pour ces derniers contre 75 % pour les premiers. Pour être admissible, un artiste doit répondre à deux critères.

Premièrement, le lieu de naissance ou le lieu de résidence de l’artiste doit être un pays ou un territoire ayant le français pour langue officielle. Deuxièmement, l’artiste doit avoir au moins un album dont l’entièreté des chansons est francophone ou avoir au moins une pièce musicale vocale et francophone parmi les cinq titres les plus écoutés de son répertoire.

Pourquoi pas un Spotify québécois?

Alors que la menace d’une guerre commerciale plane entre le Canada et les États-Unis et que se dessine un mouvement de boycottage des produits américains, on peut se demander pourquoi la SPACQ-AE n’a pas plutôt opté pour une plateforme de diffusion 100 % québécoise qui ferait directement concurrence à Spotify et compagnie.

Il y a des gens qui ont essayé, mais il faut être réaliste. Je ne vois personne encore faire concurrence à Spotify. Ils ont une avance et une part de marché beaucoup trop larges, ils ont des ententes avec les plus grands ayants droit de catalogues musicaux. Ça représente peut-être 80 % du patrimoine musical de la planète, explique Corneille.

Faire concurrence à ces géants-là, ce serait manquer de réalisme [...] Il y a un adage qui dit : "Mieux vaut avoir 25 % de quelque chose que 100 % de rien." On ne veut pas s’attaquer à Goliath juste pour fermer boutique dans deux ans, mais on peut se servir de l’envergure de ces plateformes pour faire la promotion de la musique francophone.

La SPACQ-AE et Corneille concèdent toutefois qu’ils auront un travail de sensibilisation à faire pour encourager les gens à fréquenter la plateforme MUSIQC. En effet, peu de gens ont le réflexe d’aller sur une plateforme extérieure avant de consulter leur plateforme habituelle.

On n’est pas naïfs. On ne résiste pas juste aux géants comme Spotify et Apple Music, on résiste aussi à des habitudes de consommation qui sont bien ancrées chez pas mal de gens. Dans un premier temps, le gros du travail sera un travail d’éducation. Mais je pense que le timing est bon, conclut Corneille.

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