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Orgo-Life the new way to the future Advertising by Adpathway« As-tu préparé la musique de la victoire ? », demande la réceptionniste à l’entrée des employés du Centre Bell à son collègue Vincent Aubry. « La musique de la victoire? Ben oui! », répond le DJ des matchs du Canadien. Depuis 23 ans, ce joueur clé suit la puck et y répond en musique.
Intriguée, je m’adresse au DJ : La victoire, ça sonne comment? Et la défaite?
Je pourrais vous en parler pendant des heures de ce métier incroyable, répond le passionné de sport et de musique, qui s’apprête à jouer un match intense ce soir derrière ses tables tournantes, où il accepte que nous le suivions.
Quand j’ai commencé à travailler il y a 23 ans, je croyais que je verrais notre équipe remporter plein de coupes Stanley. Ben finalement non. Mais cette année… je suis fébrile. C’est énervant pour tout le monde cette série-là.
Dans sa liste de tounes, on retrouve des titres surprenants, des groupes alternatifs et peu connus du grand public. Angine de poitrine a joué lors des matchs du Canadien bien avant qu’ils ne passent à la télé, dit en souriant le disc jockey.
Je fais jouer du rap québécois comme Fléau Dicaprio, un auteur-interprète montréalais, ou du Guhn Twei, un groupe de métal engagé originaire de l’Abitibi et qui aborde le sujet de la pollution que génère la fonderie Horne!

Jérémie Ably et Francis Caron
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Les choix originaux du DJ n'échappent pas aux jeunes fans, comme Jérémie Ably, 23 ans, et Francis Caron, 29 ans. Les deux jeunes venus assister au match nous confirment à quel point ils aiment entendre du rap ou du métal d’ici pendant les matchs. Les chansons québécoises et en français, c’est important. C’est notre culture, dit Jérémie.
Le DJ du Centre Bell est sans doute le seul à faire entendre de la musique en français pendant les matchs de la Ligue nationale de hockey. Jouer des chansons en français, ça aurait été impossible quand j’ai commencé, me raconte Vincent Aubry. Mais la mentalité a changé quand monsieur Molson a acheté la franchise.
Alors les Marmottes aplaties peuvent accompagner Dalida quand les arbitres tardent à rendre une décision. J'attendrai le jour et la nuit. J'attendrai toujours ton retour. J'entends frapper de Michel Pagliaro quand les joueurs se tapochent. J'entends frapper. Enfin ma chance a tourné. Je suis heureux d'apprendre. Que tout n'est pas terminé ou Corps à corps avec toi de Châtelaine quand il y a de la chamaille. Corps à corps avec toi. Corps à corps avec toujours. Corps à corps avec toi. Corps à corps avec toi un jour.

Karla Cortez est placière au Centre Bell depuis 20 ans.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Bref, le DJ du Canadien joue avec les mots, soulignant les hauts et les bas du match. Pas seulement en français, évidemment. Karla Cortez, qui est placière depuis 20 ans, aime bien quand il fait danser les gens avec de la musique latine. Moi-même, je danse, les gens aiment ça danser.
Olivier Bois, monsieur Pop Corn qui se déplace dans les gradins, est un fan du DJ. C’est le meilleur en ville, il suit l’énergie de la foule, il la sent, dit-il en encaissant un maïs soufflé à 9 $ et 20 sous.
Le DJ, lui, demeure humble. Mon rôle à moi est d’agrémenter la partie, mais pas d’éclipser la partie. De toute façon, tu pourrais mettre les Beatles sur la glace pendant un show d’avant match, que les gens ne réagiraient pas trop. C’est le hockey qui intéresse les gens.
Le hockey, comme les histoires d'amour, fait battre les cœurs. Parfois très vite, au rythme angoissé de la crainte. Même le DJ semblait éploré.
La fin de la troisième période a été particulièrement difficile à vivre pour les amateurs éperdus.
La foule a vécu l’angoisse, se demandant si ce match allait sonner la fin de cette idylle qui nous a réunis en famille, entre amis et qui nous a apporté de la joie, une denrée rare dans ce monde aux contours obscurs.
Chacun, chacune les yeux rivés sur la rondelle pendant la période supplémentaire a envisagé la fin de l’ivresse collective que nous a procuré l’équipe pendant ce printemps maussade.

Vincent Aubry est le DJ du Centre Bell depuis 23 ans.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Le disc jockey derrière ses tables tournantes a regardé avec attention cette piste de danse glacée, inquiet, fébrile. Devra-t-il trouver une chanson triste, celle des aux revoirs et des espoirs déçus, ou fera-t-il danser une foule en extase?
Et ce sera les notes de la victoire qui résonneront à la fin du match. Nothing gonna stop us now (rien ne nous arrêtera maintenant), un tube du groupe Starship chanté par des dizaines de milliers de personnes.
Devant le Centre Bell, la foule a chanté comme en prière. Nannana nanana hey hey good bye. La trame sonore d’une idylle collective qui n’a pas dit son dernier mot.

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2 weeks ago
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